Responsables : S. Archaimbault et B. Colombat.
La série de cent grammaires françaises analysées dans le Corpus représentatif des grammaires et des traditions linguistiques (tome 1, 1998) avait attiré l'attention des éditions Champion, ce qui a permis la mise en place de deux programmes (Responsables : Bernard Colombat et Jean-Marie Fournier)
1. Le cédérom des grammaires françaises
Le prototype (version bêta) a été mis au point à la fin de l'année 2003, sur la base de deux échantillons (la Gallicae linguae institutio de J. Pillot, éd. de 1561, et la Grammaire générale et raisonnée de Port-Royal, éd. de 1676). La préparation des textes pour la première tranche (Grammaires françaises des XIIIe-XVIIe siècles) est prévue pour 2004. Le protocole de préparation des textes est prêt. Les tranches suivantes concerneront les XVIIIe et XIXe siècles, enfin le XXe siècle.
2. La collection d'éditions critiques des grammaires françaises des XVIIe et XVIIIe siècles. La collection proposera l'édition critique, réalisée par des spécialistes du domaine, des textes grammaticaux français publiés au cours des XVIIe et XVIIIe siècles. L'objectif est de constituer une édition critique de référence de ces textes. Le texte retenu sera évidemment celui de la dernière édition publiée du vivant de l'auteur. L'édition comportera un apparat critique et des notes visant à mettre en évidence les relations existant entre le texte édité et la tradition grammaticale dans laquelle il prend place.Répartition des ouvrages et calendrier prévisionnel de remise à l'éditeur :
(1) Masset, Jean (1606) Exact et tres-facile acheminement à la langue françoise, par Jean Masset, mis en latin par le mesme autheur pour le soulagement des étrangers, Paris, David Douceur (grammaire intégrée au Thresor de la langue françoyse de Jean Nicot). Édition préparée par Serge Vlassov (Saint-Pétersbourg). Remise du manuscrit : octobre 2004.
(2) Maupas, Charles (1618 [1607]) Grammaire et syntaxe françoise, Orléans, O. Boynard [Slatkine Reprints, Genève, 1973]. Édition en préparation par Nathalie Fournier. Remise du manuscrit : juin 2005.
(3) Irson, Claude (1656 & 1662) Nouvelle methode pour apprendre facilement les principes et la pureté de la langue française, Paris, l'auteur [Slatkine Reprints, Genève, 1973]. Édition en préparation par Simone Delesalle et Francine Mazière
(4) Arnauld & Lancelot (1676 [1660]) Grammaire Générale et Raisonnée, Paris, P. Le Petit [Éd. en fac-similé par H. E. Brekle, Grammatica Universalis, 1, 1966]. Édition en préparation par Sylvain Auroux, Bernard Colombat, Jean-Marie Fournier. Remise du manuscrit : décembre 2004 ou juin 2005.
(5) Chiflet, R. P. Laurent (1668) Essay d'une parfaite Grammaire de la langue françoise, Paris, P. Mauger [Slatkine Reprints, Genève, 1973 : 1re éd. 1659]. Édition en préparation par Isabelle Léglise (Univ. de Tours) ou Chantal Wionet (Univ. d'Avignon).
(8) Vairasse d'Allais, Denis (1681) Grammaire Méthodique contenant en abrégé les Principes de cet art et les règles les plus nécessaires à la langue françoise, Paris, l'auteur. Édition en préparation par Florence Lefeuvre (Univ. de Brest).
(9) Mauger, Claude (1684, 11e éd. [3e éd. : 1658]) French Grammar with additions, 263). Édition en préparation par Valérie Raby (Londres, Thomas Harrison (ALF Université de Reims). Remise du manuscrit : décembre 2004.3. XVIe siècle. Parallèlement à sa contribution à la traduction annotée du De causis de J.-C. Scaliger (en particulier, livres I et II), Geneviève Clerico travaille :
1) à une édition modifiée et augmentée de sa thèse ; titre prévu : Formes sonores de la langue. Théories et descriptions en France (XVIe-XVIIe siècles). Le contrat est en cours d'établissement avec les Éditions Champion ;
2) à l'édition critique, introduction, notes et commentaires de J. Peletier du Mans, Dialogue de l'ortografe et prononciation françoeze (1550), en collaboration avec G. Freyssinet, tome 3 des Oeuvres complètes de J. Peletier du Mans, chez Champion, coordination I. Pantin, 8 vols prévus (1999-2007).
Le premier chantier, commun à toute l'équipe, consistera à établir un corpus représentatif de l'ensemble de ces descriptions partielles. Une mise en ligne de certains textes sera envisagée, après évaluation de leur intérêt.
L'essentiel du travail sera mené, pour commencer, sur le français, sa constitution et sa légitimation, du XVIe au XIXe siècle. Cependant la grammatisation, l'émergence des langues nationales européennes, n'est pas partout identique. En particulier, les outillages des langues vernaculaires ne se dégagent pas de la même façon, ni avec les mêmes visées, de la tradition latine. Une collaboration suivie avec nos collègues brésiliens engagés dans
l'histoire des théories linguistiques nous permet d'aborder l'examen de l'émergence du portugais, de son contact immédiat avec l'Amérique, et, à la suite, de l'émergence du " brésilien ".Nos contacts avec des collègues italiens et espagnols nous permettent d'envisager des histoires singulières et parallèles.Structuration du travail :
L'élément le plus idiosyncrasique dans une langue est le lexique. D'où un premier groupe développant les relations entre grammaires et
dictionnaires à partir des études déjà menées sur le français. L'accent avait été mis sur la relation entre Grammaire Générale et
Raisonnée et dictionnaire de langue particulière, dont le modèle est le Dictionnaire de l'Académie. Nous ouvrons donc un nouveau groupe sur les dictionnaires encyclopédiques qui avaient été un peu négligés et qui relèvent d'un rapport primordial entre espace social et espace lingual.
L'originalité du travail tient en grande partie à la mise à l'épreuve de la problématique de l'hyperlangue (pour une définition, voir Sylvain Auroux, "La réalité de l'hyperlangue", Langages, 1997, n° 127, p. 110-121). Elle est au cur du troisième groupe qui traite des usages, construits dans l'espace des thématiques croisées de l'ordre social et de la langue française.1-1 Le champ du français. Les " intégrations " du lexique dans les traitements grammaticaux (Responsables : Francine Mazière, Simone Delesalle).
Nous poursuivons le travail sur les relations entre grammaires et dictionnaires, et même, en amont, sur les premières mises en liste du
français dans la seconde moitié du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle. Mais les investigations sont menées sur trois siècles (XVIIe-XIXe siècle), et nous permettent de poser un certain nombre de problèmes, comme celui du rapport entre flexion et dérivation.
Cette recherche débouche sur une recension très large des écrits partiels sur la langue et des questions qu'ils introduisent (de la relation épithète-synonyme au rôle de l'ordre alphabétique, en passant par l'importance de la collocation), comme des solutions qu'ils préconisent (Odile Leclercq, thèse en cours). De façon plus globale, ces études introduisent des interrogations nouvelles touchant aux réciprocités entre principes de la Grammaire Générale et descriptions de langues particulières.1-2 Le champ du portugais et du brésilien. Les effets de la diversité des parlers sur les dictionnaires monolingues au Brésil (Responsable s José Horta Nunes (Brésil) et F. Mazière).
Nous proposons un examen de l'émergence des dictionnaires monolingues au Brésil. Ce processus comprend d'abord une extension des outils portugais sur le territoire brésilien et ensuite la constitution d'une nouvelle tradition. Seront examinées les continuités, les séparations et la création de nouveaux outils. Le corpus comprendra des dictionnaires produits à partir de la fin du XIXème siècle jusque dans les années 1970. Nous prendrons en compte également les outils qui accompagnent l'émergence des monolingues : l'influence des dictionnaires bilingues, des dictionnaires partiels (populaires, scolaires, étymologies, de synonymes, etc.), et des écrits métalinguistiques divers. L'objectif spécifique de la recherche est de comprendre les effets de la diversité des parlers sur la constitution des monolingues. Nous travaillerons avec le concept d'hyperlangue de S. Auroux en consonance avec les travaux menés par l'équipe brésilienne (cf. le numéro 130 de la Revue Langages). Le dictionnaire sera considéré aussi comme un objet discursif, selon la perspective de A. Collinot et F. Mazière.
2- Le lexique comme structure linguistique et extralinguistique (Responsables André Collinot, Elisabeth Grimaldi).
Chantal Girardin reprend ses études des dictionnaires jésuites, bilingues latin-français, dans la perspective nouvelle du projet, mais surtout
ouvre un champ de recherche complètement nouveau en direction des dictionnaires de spécialité au XVIIe siècle. André Collinot étudie l'usage des mots et l'usage des choses dans un discours encyclopédique (dénommer, signifier, définir), celui du Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers de Diderot et d'Alembert (1751-1772). Le travail d'analyse d'un discours encyclopédique vise ainsi à montrer comment se stabilise dans un segment d'espace-temps , l'usage d'une langue empirique dans la constitution d'un espace public d'inter-compréhension du monde. Élisabeth Grimaldi approche le lexique comme une architecture composée de structures hétérogènes intralinguistiques, épilinguistiques (relations avec la littérature et le discours de didactisation linguistique) et extralinguistiques (historiques, sociales, socio-politiques). La recherche portera essentiellement sur les outils de didactisation du lexique du XIXe siècle en France, sans exclure les ouvrages grammaticaux de la même période, ou, à titre de comparaison, les outils du même genre de la période antérieure ou postérieure. En parallèle sera poursuivi un travail sur la typologie des marques dans les dictionnaires.
3- Ordre de la langue et ordre social au XVIIIe siècle (Responsable : J. Guilhaumou) : Hyperlangue et événements linguistiques dans le contexte de la formation de la langue française comme langue nationale au XVIIIe siècle.
Jacques Guilhaumou a étudié la formation de la langue politique dans le derniers tiers du XVIIIe siècle à travers ses porte-parole. Ouvrant
désormais une perspective de plus grande durée, il s'agit de resituer ce " moment nominaliste " dans la vaste entreprise de contrôle sémiotique de l'expérience humaine mise en place par les penseurs des Lumières. La méthode utilisée relève à la fois de l'histoire sociale de la langue, et tout particulièrement de son histoire intellectuelle et de l'histoire langagière des concepts, plus spécifiquement de l'histoire linguistique des usages conceptuels, tout en conservant son inscription majeure dans le domaine de l'histoire des idées linguistiques. Elle accorde ainsi une attention toute particulière aux usages dans l'espace des thématiques croisées de l'ordre social et de la langue française, mais s'efforce dans le même temps de les articuler à une catégorisation proprement linguistique, en particulier autour de la notion de langue empirique.
Djamel Kouloughli - Le programme " éléments d'analyse du système conceptuel de la Tradition Grammaticale Arabe (TGA)" est en voie d'achèvement, et devrait être marquée par trois publications principales : un recueil d'articles sur le thème "Etudes sur la Tradition Linguistique Arabe", la traduction commentée du 'Unmūđağ de Zamaxarî (XVIIe siècle) présentant sous une forme condensée un modèle complet de l'analyse grammaticale dans la TGA, la traduction commentée du 'i'râb de Ibn Hiâm (XIVe siècle) présentant sous une forme condensée un modèle complet de l'analyse logique dans la TGA. Le programme de recherche " Analyse critique de la TGA " sera poursuivi, dans la direction d'une évaluation critique de la conception de la TGA concernant, notamment, les parties du discours et le statut des marques modales dans le verbe.
Nous envisageons d'autre part la mise en place de deux nouveaux programmes: le premier sur " le statut des exemples dans la TGA " (voir programme transversal 2), le second sur le thème " continuités et rupture dans la TGA ".Ce dernier vise, à partir d'une analyse fine de certaines articulations décisives du dispositif théorique de la TGA, à mettre en évidence le fait que, contrairement à ce que soutiennent beaucoup de spécialistes arabes contemporains et certains arabisants occidentaux des deux siècles précédents, la TGA n'est pas un système monolithique qui, après la (mythique) divergence entre les écoles de Kûfa et de Basra, aurait connu un développement homogène et harmonieux où les différences (par exemple entre l'école " orientale " et l'école " andalouse ") n'auraient été que de style. En réalité, la " tradition ", malgré l'apparente continuité des terminologies, s'est élaborée sur la base de nombreuses ruptures radicales qu'une analyse précise peut et doit mettre en évidence. L'une des voies d'accès à la mise en évidence de ces ruptures nous semble être l'analyse de la structure des traités de grammaire arabe : un changement apparemment anodin dans l'ordre de présentation des faits de langue peut souvent être révélateur d'une restructuration théorique fondamentale. Une autre, déjà évoquée ci-dessus, est celle du statut précis des exemples : une rupture théorique est souvent marquée en linguistique par le recours à de nouveaux exemples. Une troisième, largement illustrée dans certaines de nos publications précédentes, consiste en une analyse fine des conditions d'utilisation de certains termes techniques pour mettre en évidence le fait que la conservation d'une certaine terminologie peut cacher le fait que son contenu technique précis peut avoir subi selon les auteurs et les époques des modifications radicales.
Jean-Patrick Guillaume - Dans le cadre des travaux menés sur la grammaire, deux programmes sont pourvuivis :
- Programme " L'exemple en grammaire " : la participation devrait donner lieu, à brève échéance, à la rédaction d'un article sur le statut de l'exemple dans la tradition grammaticale arabe.
- Programme " Parties du discours mineures : histoire des descriptions ". Ici encore, la retombée la plus directe devrait être un article de synthèse sur la catégorie des particules dans la tradition arabe. Ce travail devrait se prolonger en direction d'autres " parties du discours mineures ", notamment les interjections ('asmā' al-'af&āl), que la tradition arabe analyse comme une sous-classe très particulière de noms, parfois rapprochée de celle des noms propres, ainsi que les onomatopées ('aswāṭ), dont le statut ne semble jamais avoir été abordé. Plus généralement, cet axe de recherche devrait conduire à une réflexion nouvelle sur la question de la catégorisation dans la tradition grammaticale arabe, appuyée sur la pratique réelle de l'analyse grammaticale, au-delà des prises de position explicites des grammairiens, qui font généralement abstraction des catégories marginales."Traditions grammaticales arabe et syriaque -. Ce sous-groupe, qui est en place depuis de longues années, fonctionne surtout comme le lieu d'une réflexion collective et largement informelle ; cette manière de procéder a conduit ses membres à élaborer une démarche commune, dont la principale caractéristique réside dans la volonté de relier l'étude des textes et des doctrines médiévaux avec ce que sont aujourd'hui les enjeux de la description de l'arabe. Tout en maintenant cette orientation, qui semble avoir fait ses preuves, il paraît souhaitable de réfléchir aux possibilités d'un élargissement du groupe, tout à la fois sur le plan des disciplines prises en compte (on pense notamment à la lexicologie, à la poétique, voire à la métrique), et sur celui des aires linguistiques. On pense bien entendu aux grammaires médiévales de l'hébreu ; sur ce point, il existe des contacts scientifiques anciens et solides avec le projet " tradition hébraïque ". Mais il y a également le cas de langues telles que le persan ou le turc osmanli, qui, bien que n'étant pas apparentées à l'arabe, ont emprunté, pour des raisons historiques, certains outils de grammatisation (conçue au sens large, de manière à englober des disciplines comme la poétique et la métrique) à la tradition arabe. Il serait ainsi possible d'identifier une " aire de grammatisation arabe ", dont il conviendrait, dans un premier temps, de dresser l'inventaire et de mettre en évidence les particularités.
Georges Bohas - En préparation : l'édition et le commentaire de la grande grammaire de Bar Zu'bi, et étude de la grammaire de Bar Hebraeus. Ces deux textes sont en effet complémentaires. Le premier est organisé sur le modèle de la Technê, le second sur le modèle des grammairiens arabes. L'étude des deux textes permet de voir comment une grammaire peut décrire une langue sémitique en se passant des concepts de racine et de schème et ensuite, de voir comment ces concepts ont été adoptés par une tradition grammaticale qui les ignorait.
À partir de l'année 2005, la participation de Jean Baumgaren, en tant que membre associé de l'équipe UMR CNRS 7597 portera, sur l'histoire de la langue yiddish et sur son processus de grammatisation (Moyen Age-XVIIIe siècle). Dans le prolongement du travail effectué ces dernières années, il continuera à explorer, en relation avec les collègues de l'équipe et des chercheurs étrangers, les méthodes et les outils théoriques utilisés pour décrire et codifier la langue vernaculaire des juifs ashkénazes. Loin de constituer un domaine marginal, les travaux sur le yiddish montrent comment une langue vernaculaire, du fait de sa structure complexe et l'aire géographique étendue dans laquelle elle fut parlée, peut apporter des éléments de réflexion intéressants à de nombreux champs des sciences du langage (Dialectologie, bilinguisme, processus de grammatisation des langues vernaculaires .). Le projet portera, de même, sur l'étude des hébraïsmes en yiddish. Cette recherche lui permettra de continuer la collaboration avec les hébraïsants et sémitisants de l'équipe, dont Sophie Kessler-Mesguich, et des collègues étrangers qui travaillent sur cet aspect essentiel des langues juives (judéo-arabe, judezmo, judéo-italien ).
Par ailleurs, il est en train de réaliser, avec une équipe de chercheurs français et étrangers un DVD/CDRom sur la langue et la culture yiddish. Ce projet international, dirigé par Alex Szalat et Jean Baumgarten constituera la première réalisation de ce type. Il s'agit, par le biais de support CD et DVD, de donner une introduction générale à la culture yiddish, ainsi qu'un manuel de langues et un dictionnaire (parution prévue 2005).
Tous les travaux de ce groupe consacrés aux statut et questionnements de la linguistique en Russie/URSS au XXe siècle rejoignent le programme " Genèse et réception du structuralisme en Europe et hors d'Europe "
Les travaux consacrés aux outils linguistiques se concentreront sur une participation active aux programmes transversaux, à savoir a) le groupe de réflexion sur l'Exemple dans les grammaires et b) la rédaction du Dictionnaire de la terminologie linguistique.
a) La contribution consiste à étudier plus précisément le corpus d'exemples que l'on trouve dans les grammaires slavonnes et russes, ainsi que leur rôle, leur traitement, leur insertion, le commentaire du grammairien, etc Après une phase de recensement des types d'exemples contenus dans les différentes grammaires que nous étudions (grammaires du français, du latin, du grec, du russe, de l'arabe, du tamoul et du sanskrit, du portugais), nous nous proposons d'étudier comment ces construits que sont les exemples servent à la monstration et la démonstration de ce que doit être la langue décrite.
b) Le Dictionnaire de la terminologie linguistique, grand projet commun de notre UMR, décrit dans les Programmes Transversaux, est conçu comme complémentaire au corpus représentatif des grammaires ; il entre dans une phase active de réalisation. 60 entrées ont été sélectionnées qui font l'objet d'un article synthétique. La contribution consiste à présenter les conceptions de la tradition grammaticale et linguistique russe relatives à chacune des 60 entrées retenues pour le dictionnaire. La traduction systématique des entrées en langue russe est assurée par nous également.
Les recherches sur les catégories linguistiques, particulièrement l'aspect et les parties du discours, seront poursuivies et feront l'objet de conférences et publications.
Encyclopédie Grammaticale Tamoule - Ce projet de longue haleine se poursuit. Il s'est avéré nécessaire d'avoir une approche cohérente face au problème de la variation manuscrite et de la mauvaise qualité (au plan philologique) des textes, et donc du caractère peu fiable, des éditions imprimées disponibles (voir : Chevillard, Jean-Luc. A proposal for the Digital Encoding of Palm-Leaf Tamil Manuscripts. Tamil Internet 2003, Conference Papers, eds. K. Kalyanasundaram & V. Krishnamoorthy, 2003, 105-116). Cela conduit donc à un renforcement des collaborations scientifiques avec l'Inde, et notamment avec les chercheurs du centre EFEO, actuellement dirigé par Dominic Goodall, ce qui nous permet de bénéficier de leur infrastructure pour : 1. la quête de nouveaux manuscrits ; 2. la digitalisation (ou la reproduction photographique) de manuscrits découverts, dans le cadre de leur projet de " Retour aux manuscrits ". Le centre EFEO a ainsi récemment fait bénéficier Jean-Luc Chevillard (à l'occasion d'une mission en Inde en août 2003) d'une copie d'un manuscrit du Ceenaavaraiyam, texte grammatical sur lequel porte ses travaux qui aboutiront prochainement à la publication d'un volume intitulé :
Sur la métalangue grammaticale des maîtres commentateurs tamouls médiévaux, Institut français de Pondichéry, Publications du département d'Indologie, 84.2.
Autre publications prévues : rédactions des articles concernant: Atharvanâcarya, Beschi (C.J.), Caldwell (R.), Keçirâja, Nâgavarman II, Pavananti (Munivar), Puttamittiranâr, Tolkâppiyanar, dans la nouvelle édition du Lexicon Grammaticorum, à l'intérieur de la section dont est responsable Georges-Jean Pinault.
Une autre conviction, qui se renforce toujours, est qu'il est impossible de travailler efficacement sur les textes grammaticaux sans travailler en même temps sur le corpus littéraire qui est leur objet naturel. Cela conduit Jean-Luc Chevillard à s'engager comme participant (et comme co-responsable) dans un projet qui est en cours de lancement par Eva Wilden (EFEO) au centre de Pondichéry, où l'EFEO et l'IFP ont souvent travaillé en synergie. Le projet est intitulé : " Cankam Project : a critical re-edition and annotated translation plus an Electronic dictionnay of the Earliest Tamil Literary Corpus ". Il s'articulera naturellement avec le projet d'encyclopédie grammaticale tamoule, dont il est le complément naturel.